Des municipales de 2026 à l’élection présidentielle de 2027, il n’y a qu’un pas, que franchissent allègrement, les responsables politiques et les médias. Hebdomadaires et journaux du dimanche tirent les leçons des municipales dont le 2ème tour avait lieu dimanche dernier, pour mieux anticiper la présidentielle de 2027. Et ce n’est pas une mince affaire, aucune tendance n’ayant marqué sa supériorité lors des municipales, et les candidats potentiels étant légion. Les grandes manœuvres ont donc commencé (ou recommencé).
La Tribune Dimanche publie ce matin un « appel à l’union de 90 ministres et parlementaires pour un candidat unique de la droite et du centre en 2027 », dénonçant « le risque d’un second tour de l’élection présidentielle opposant Jean-Luc Mélenchon au candidat du Rassemblement National », autrement dit, « un aller simple vers le populisme, la démagogie et le communautarisme », estiment les signataires, parmi lesquels ne figure aucun poids lourd de la droite et du centre.
Un poids lourd, comme l’ancien Premier ministre et déjà candidat à la présidentielle Édouard Philippe, par exemple. « Édouard Philippe, maintenant ou jamais », titre le Point, « après sa réélection au Havre, le candidat à la présidentielle veut prendre de vitesse ses concurrents », assure l’hebdomadaire, qui précise que « l’ancien juppéiste a pris des positions fortes sur une ligne de droite refusant toute alliance avec les extrêmes ».
« Il ne faut rien exclure »
L’alliance de la droite et du centre, c’est aussi ce que prône Gérald Darmanin, interrogé par le Parisien Dimanche. « Je pense, explique l’actuel ministre de la Justice, et potentiel candidat à l’élection présidentielle, qu’il faut un seul candidat de la droite et du centre, dans lequel une part des électeurs de la gauche républicaine, qui refuse les compromissions avec la France Insoumise, pourrait se retrouver ». « Le problème », lui oppose le Parisien Dimanche, « c’est que ni Édouard Philippe ni Gabriel Attal, (lui aussi ancien Premier ministre et potentiel candidat) ne veulent de primaire ». Ce à quoi Gérald Darmanin répond : « Je pense que la primaire est la meilleure chose, sauf si l’un d’entre nous s’impose naturellement. Aujourd’hui, celui qui semble être en dynamique en termes de sondage, c’est Édouard », assure Gérald Darmanin, qui toutefois n’exclut pas de se présenter lui-même, dit-il, « il ne faut rien exclure ».
Infréquentable
Marianne de son côté, juge d’un œil sévère, les manœuvres des uns et des autres, en vue de l’élection présidentielle. « C’est la ruée des médiocres », accuse l’hebdomadaire, qui s’indigne : « L’ensemble de la classe politique s’est tourné vers la présidentielle de 2027. Une obsession qui a de quoi désespérer, tant elle ignore les causes profondes de la désaffection des Français envers la chose publique ». Marianne n’en livre pas moins sa propre analyse : « la configuration bien particulière du pays, nous dit-on, entre le haut niveau du Rassemblement national, et l’extrême fragmentation du reste des forces, fait naître un fol espoir chez bon nombre d’ambitions : se qualifier pour le second tour avec un score assez bas, en profitant de l’éparpillement du vote, et jouer ensuite la carte du barrage républicain contre Marine le Pen ou Jordan Bardella ».
Marianne qui soupèse également les chances de la gauche à la présidentielle, au vu des municipales... L'hebdomadaire est catégorique : « La gauche sort en piteux état de ces municipales, après un second tour qui a révélé à quel point les alliances avec LFI, la France insoumise, et le Parti socialiste rebutaient nombre d’électeurs ». « La France insoumise » accuse l’hebdomadaire, « qui en multipliant les invectives violentes à l’endroit des socialistes, en adoptant une ligne ouvertement communautariste, en commettant des dérapages antisémites (…) se rend infréquentable ».
L'hommage à Lionel Jospin
La France Insoumise qui, de fait, concentre les critiques. Le Nouvel Obs rappelle « qu’au soir du second tour, Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti Socialiste, a de nouveau ciblé Mélenchon, un "boulet" », a-t-il dit. Il n’en demeure pas moins que la gauche a remporté certaines villes, grâce à une alliance avec la France insoumise. La gauche qui, comme la droite, compte de nombreux candidats potentiels.
Mais ce n'est peut-être pas là le plus important pour le Nouvel Obs, qui consacre sa Une et plus de 15 pages, à Lionel Jospin, l’ancien Premier ministre socialiste, mort dimanche dernier, et qui si l’on en croit l’hebdomadaire, « aurait certainement salué la capacité des électeurs de gauche à se mobiliser lors de ces municipales », lui qui fut éliminé au premier tour de l’élection présidentielle de 2002, devancé par le candidat du Front National, Jean-Marie Le Pen.
Lionel Jospin reste toutefois un modèle aux yeux du Nouvel Obs, qui rend hommage à « l’homme des 35 heures, de la couverture maladie universelle ou encore du PACS ». L'hebdomadaire formule un espoir : que « la gauche réformiste », « non mélenchoniste », « se montre digne de l’héritage de Lionel Jospin ».