À la une aujourd’hui : douze photographies marquantes, choisies avec soin par la rédaction de Courrier International. Des images signées des photographes des agences AFP et Reuters, mais aussi du New York Times.
La première, celle d’une « jeunesse en colère » prise dans les rues de la capitale du Népal, Katmandou, c’était le 8 septembre dernier. Une jeune femme, cheveux bruns, manifeste les yeux dans l’objectif, un regard en colère et un drapeau népalais derrière le dos. Selon Courrier International, cette photo « symbolise à elle seule la révolte de la génération Z, qui aura marqué les esprits dans de très nombreux pays en 2025 (...) »
Donald Trump aura également marqué l’année 2025. Courrier International a choisi de publier une photo prise la veille de son investiture, le 19 janvier. On y voit le milliardaire républicain rejoindre sur scène le groupe Village People pour une danse pour le moins surprenante. « Depuis, le très disco “YMCA”, longtemps hymne de la communauté gay (même si le groupe s’en défend aujourd’hui), est devenu la bande-son officielle de toutes les sorties de Donald Trump. » explique la légende de la photo.
Beaucoup de conflits représentés
La guerre en Ukraine a aussi marqué l’année avec une photographie prise à Soumy, ville du nord-est du pays, le 13 avril 2025. « L’Ukraine sous pression » peut-on lire en titre. On y voit un soldat ukrainien épuisé, assis sur des débris, la main tenant sa tête changée à jamais par la guerre. « Le dimanche des Rameaux, deux missiles balistiques ont frappé le centre de Soumy, faisant 34 morts et 80 blessé » explique la légende. C’est l’une des attaques russes les plus meurtrières de l’année.
« Gaza, un champ de ruines » est le titre donné à un autre cliché. Sur la photographie on voit un ciel bleu qui contraste avec des bâtiments gris et abîmés. L’un d’eux est en train de tomber, disparaître… avalé par une fumée noire et une poussière opaque.
La scène se passe en septembre dernier, dans « le quartier de Tel Al-Hawa, dans le sud-est de la ville de Gaza, (...) après un nouveau bombardement israélien. » explique la légende. « Depuis, les armes se sont tues dans l’enclave palestinienne, mais la trêve reste fragile en attendant le lancement de la phase 2 du plan de Trump, qui prévoit notamment le désarmement du Hamas et le retrait de [l'armée israélienne]. »
Le Soudan aussi est représenté par une photo marquante : celle d’un Khartoum défiguré. Sur ce cliché pris le 28 mars 2025, on y voit un soldat soudanais faisant sa prière devant un véhicule blindé incendié. « Cette guerre qui échappe aux radars de l’actualité et qui oppose, depuis avril 2023, les paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR) du général Mohamed Hamdane Daglo, dit « Hemeti », aux forces armées soudanaises (FAS), dirigées par le général Abdel Fattah Al-Burhan ». La légende de la photo rappelle que c’est « une guerre qui « provoque “la pire crise humanitaire et de déplacement au monde”, selon l’ONU. Près de 13 millions de personnes ont été déplacées, les maladies se propagent et la famine, confirmée dans dix régions, s’étend. »
Une autre photo, sélectionnée par Courrier international : deux femmes au regard épuisé, les mains autour de leurs enfants dans un bus pour fuir Goma – capitale du Nord Kivu dans l’Est de la RDC. Le cliché est pris « À la frontière, entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, le 19 mai 2025. » Ce bus est « affrété par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés [et] rapatrie des civils rwandais qui fuient les combats autour de Goma, où les rebelles du M23, soutenus par Kigali, font régner la terreur. » Courrier International recontextualise dans la légende : le 4 décembre, le président congolais, Félix Tshisekedi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, ont signé à Washington un accord de paix très fragile. Et de fait, moins d’une semaine après, Uvira, deuxième grande ville du Sud-Kivu, tombe face à la pression du M23. « Au moins 10 000 réfugiés affluent vers le Burundi pour fuir les combats, selon le site burundais “Iwacu”. »
Haïti, les manifestations de l’opposition en Turquie sont aussi représentées dans la sélection de photos 2025 de Courrier international. Sur une note un peu plus légère et sportive, on retrouvera aussi du bleu, du blanc, du rouge sur les Champs-Élysées… C’était le 1er juin 2025 avec « le sacre européen des joueurs du Paris Saint-Germain, qui défilent en bus pour présenter leur trophée à leurs supporteurs. La veille, les joueurs de Luis Enrique ont écrasé l’Inter de Milan en finale de la Ligue des champions (5-0), à Munich. Un titre après lequel le club de la capitale courait depuis des années. »
Paris, capitale des espions ?
Cette semaine dans l’Express on nous explique pourquoi Paris est surnommée la « capitale des espions ». Il faut dire que le folklore et la culture parisiennes ont été parfaitement intégrés par les services de renseignements du monde entier. On parle par exemple « de la diplomatie des grands hôtels ». Ces palaces parisiens où se déroulent souvent des discussions secrètes, notamment sur la guerre à Gaza.
« Les services de renseignements ont intégré les charmes de Paris dans leur programme : tant à la DGSE qu’à la DGSI. (…) Le bateau-mouche, un « grand classique » sourit un ex-agent secret. »
La cuisine française plaît aussi beaucoup aux agents des renseignements. Interrogé par l’Express, un ex-patron de la DST confie : « Les espions sont comme tout le monde, ils aiment la gastronomie. Ils ont souvent une préférence pour la cuisine française à l’ancienne. Après ça ils coopèrent tous. »
Sur le plan pratique, certaines stations de métro comme La Motte-Picquet Grenell, dans le 15e arrondissement, sont particulièrement appréciées, car elles possèdent beaucoup d'entrées et de sorties, c'est qui est plus simple pour disparaître quand on est suivi, raconte un ancien agent de la CIA.
Rivalisation avec d'autres capitales
Comment expliquer cet attrait pour Paris chez les espions ? Parmi les raisons exposées, il y a la position géographique de la capitale. Paris est un lieu de choix pour les rendez-vous clandestins : « Si vos sources sont au Moyen-Orient ou en Afrique, leur connexion naturelle vers le reste du monde passe toujours par la France », peut-on lire.
Paris rivaliserait à la fois « avec Vienne pour le fortement entre l'Ouest et l'Est, avec Genève pour les tractations dans les palaces, avec Bruxelles pour le renseignement politique et même avec New York
L'Unesco est « une couverture de rêve », raconte L'Express. Le magazine explique que l'organisation internationale culturelle basée à Paris abrite de nombreux agents secrets opérant au nez et à la barbe du contre-espionnage français.
Toutes les institutions internationales connaissent ce phénomène d'espionnage car « elles facilitent des procédures d'accréditation spécifique. »
Par ailleurs, la culture « ça permet d'aller partout, personne ne vérifie ce que vous faites, vous avez du temps libre » raconte un ancien coordonnateur adjoint du renseignement de l'Élysée. Tout ça est digne d'un roman d'espionnage.