3418 episodes
- Et si un simple voyage d’affaires avait donné naissance à l’une des plus grandes organisations humanitaires du monde ? C’est précisément ce qui s’est produit en 1859, lorsqu’un homme d’affaires suisse, Henry Dunant, s’est retrouvé face à l’horreur d’un champ de bataille italien.
Tout commence le 24 juin 1859, près du village de Solférino, dans le nord de l’Italie. Ce jour-là, les armées françaises de Napoléon III et leurs alliés sardes affrontent les troupes autrichiennes. La bataille est particulièrement meurtrière : en une seule journée, environ 40 000 soldats sont tués, blessés ou portés disparus.
Or, à cette époque, les services médicaux militaires sont totalement dépassés par l’ampleur des combats. Des milliers de blessés agonisent sur le terrain, sans eau, sans soins et parfois pendant plusieurs jours.
C’est dans ce contexte qu’arrive Henry Dunant. Cet homme d’affaires genevois, âgé de 31 ans, voyage en Italie dans l’espoir de rencontrer Napoléon III pour régler des difficultés liées à ses affaires en Algérie. Mais ce qu’il découvre bouleverse complètement ses projets.
Face aux souffrances des soldats, Dunant décide d’agir. Il mobilise les habitants des villages voisins, notamment les femmes de Castiglione, pour apporter de l’eau, nettoyer les blessures et secourir les mourants.
Surtout, il défend une idée révolutionnaire pour l’époque : soigner tous les blessés, quelle que soit leur nationalité. Français, Autrichiens ou Sardes doivent recevoir la même assistance. Une devise résume cet esprit : « Tutti fratelli », autrement dit, « Tous frères ».
Profondément marqué, Dunant publie en 1862 un livre intitulé Un souvenir de Solférino. Il y raconte les atrocités observées et formule deux propositions essentielles.
D'abord, créer dans chaque pays des sociétés de secours composées de volontaires formés pour assister les blessés de guerre. Ensuite, établir des accords internationaux garantissant la protection de ces secouristes et des militaires blessés.
Ses idées rencontrent rapidement un écho favorable. Dès 1863, un comité de cinq hommes est constitué à Genève : il deviendra le Comité international de la Croix-Rouge.
Puis, en 1864, douze États signent la première Convention de Genève. Ce texte fondateur impose notamment de respecter et de soigner les militaires blessés, sans distinction de nationalité.
Quant à l'emblème de la croix rouge sur fond blanc, il est adopté comme signe protecteur, en inversant les couleurs du drapeau suisse.
Ainsi, une tragédie militaire a donné naissance à une révolution humanitaire : l'idée que, même pendant la guerre, certaines règles doivent protéger la vie humaine.
Et tout cela grâce à un homme qui, un jour de juin 1859, a refusé de détourner les yeux.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Tout le monde connaît Bambi, le petit faon rendu célèbre par Walt Disney. Pourtant, peu de gens savent que son histoire a été jugée si dangereuse par les nazis qu'ils ont décidé d'interdire le livre dont elle était tirée et d'en brûler des exemplaires. Mais pourquoi un simple récit mettant en scène des animaux pouvait-il inquiéter le régime d'Hitler ?
Pour le comprendre, il faut remonter à 1923. Cette année-là, l'écrivain autrichien Felix Salten publie un roman intitulé Bambi, l'histoire d'une vie dans les bois.
Or, contrairement au dessin animé de Disney, sorti en 1942, ce livre n'est pas un gentil conte pour enfants. Il s'agit d'un récit beaucoup plus sombre, initialement destiné aux adultes.
En effet, dans cette version originale, la forêt est un univers particulièrement cruel. Les animaux vivent dans la peur permanente des chasseurs. Ils doivent se cacher, fuir et parfois abandonner leurs proches pour survivre.
D'ailleurs, plusieurs personnages connaissent une mort violente, tandis que certains animaux trahissent leurs semblables.
Mais pourquoi cette histoire dérangeait-elle les nazis ?
La réponse tient notamment à l'identité de son auteur. Felix Salten, de son vrai nom Siegmund Salzmann, était juif. Et dans l'Europe des années 1920, il connaissait parfaitement la montée de l'antisémitisme.
Or, son roman peut être interprété comme une allégorie, c'est-à-dire un récit qui, derrière une histoire apparemment simple, transmet un message plus profond.
Ainsi, les animaux traqués représenteraient les populations juives persécutées, tandis que les chasseurs symboliseraient leurs bourreaux.
Un personnage est particulièrement révélateur : Gobo, un jeune chevreuil recueilli par des humains. Persuadé d'être désormais protégé, il perd sa méfiance. Pourtant, il finit par être tué.
Certains spécialistes y voient une métaphore du danger de croire qu'une parfaite intégration suffit à échapper aux persécutions.
C'est dans ce contexte qu'en 1936, les autorités nazies interdisent les œuvres de Salten en Allemagne. Des exemplaires de Bambi sont également détruits lors d'autodafés, contribuant à rendre les premières éditions particulièrement rares.
Toutefois, précisons un point important : Salten n'a jamais confirmé que son roman était une allégorie de la persécution des Juifs. D'ailleurs, les historiens débattent encore des raisons exactes de sa censure, qui tenait aussi à ses origines et à ses engagements politiques.
Menacé après l'annexion de l'Autriche par Hitler, l'écrivain se réfugie finalement en Suisse en 1939.
Trois ans plus tard, Disney adapte son œuvre en un dessin animé mondialement célèbre, en atténuant considérablement sa violence.
Finalement, derrière l'un des personnages les plus attendrissants de Disney se cache une histoire bien plus tragique : celle de la peur, de l'exil et de la persécution.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Les Champs-Élysées sont probablement l’avenue la plus célèbre de France. Avec leurs boutiques de luxe, leurs restaurants et leurs illuminations, ils évoquent le prestige et l’élégance parisienne. Pourtant, derrière ce nom prestigieux se cache une histoire étonnante. Car, à l’origine, les Champs Élysées désignent un lieu situé… aux Enfers !
Pour comprendre cette curiosité, il faut remonter à la mythologie grecque.
Dans l’Antiquité, les Grecs croyaient qu’après leur mort, les âmes rejoignaient le royaume d’Hadès, le dieu des Enfers.
Mais attention, car c’est ici qu’il faut éviter une confusion. Les Enfers de la mythologie grecque ne correspondent pas à l’enfer de la religion chrétienne.
En effet, pour les Grecs, les Enfers désignaient avant tout le monde des morts. Ce n’était donc pas nécessairement un lieu de souffrance ou de punition.
Au contraire, ce royaume comprenait plusieurs régions très différentes.
D’abord, le Tartare, où certains grands coupables subissaient d’horribles châtiments. Ensuite, les Champs d’Asphodèle, où séjournaient les âmes ordinaires. Et enfin, les Champs Élysées, un véritable paradis réservé aux héros et aux âmes vertueuses.
Là, aucune souffrance, aucune maladie, ni même de vieillesse. Les défunts profitaient d’une existence paisible, dans des prairies verdoyantes baignées de lumière.
Ainsi, les Champs Élysées étaient en quelque sorte le paradis du royaume des morts !
Précisons toutefois que leur emplacement variait selon les auteurs antiques. Chez Homère, ils se trouvaient aux confins du monde, tandis que le poète romain Virgile les situait véritablement dans les Enfers.
Mais alors, quel rapport avec la célèbre avenue parisienne ?
Pour le comprendre, avançons jusqu’au XVIIe siècle.
À cette époque, l’endroit ne ressemble absolument pas à celui que nous connaissons aujourd’hui. À l’ouest du jardin des Tuileries s’étendent des terrains encore largement ruraux.
Or, Louis XIV souhaite embellir la capitale. Il confie donc à André Le Nôtre la mission d’aménager une grande promenade prolongeant les Tuileries.
Dans les années 1660 et 1670, celui-ci dessine une vaste perspective bordée d’arbres. Cette promenade est d’abord appelée le « Grand Cours ».
Progressivement, l’endroit devient un lieu de détente apprécié des Parisiens.
C’est pourquoi, à la fin du XVIIe siècle, le nom de « Champs-Élysées » apparaît pour désigner une partie de ces jardins, avant de s’étendre à l’ensemble de l’avenue.
L’idée était simple : évoquer le séjour paradisiaque des héros de l’Antiquité.
Finalement, voici tout le paradoxe : la plus célèbre avenue parisienne porte le nom d’un lieu associé aux Enfers. Mais dans la mythologie antique, il s’agissait justement de l’endroit où l’on pouvait espérer passer une éternité heureuse !
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - Une carte bancaire refusée. Pour la plupart des gens, c’est un incident embarrassant. Pour Anna Delvey, c’est une menace contre toute son existence.
Au printemps 2017, Anna séjourne à Marrakech avec des proches, dont son amie Rachel Williams. Le voyage se déroule dans le luxe. Anna a proposé de payer.
Mais, selon le récit de Rachel, les cartes de la jeune héritière ne fonctionnent plus.
Rachel avance alors les siennes. Une solution provisoire, pense-t-elle. Après tout, Anna est censée posséder une immense fortune. Elle remboursera dès que ses problèmes bancaires seront réglés.
Le montant finalement porté sur les cartes de Rachel atteint environ soixante-deux mille dollars.
Puis vient l’attente.
Les assurances de remboursement se succèdent. L’argent, lui, n’arrive pas.
Pour Rachel, une question commence à remplacer toutes les autres : et si Anna n’était pas celle qu’elle prétend être ?
Cette affaire du voyage figurera ensuite au procès. Anna sera acquittée du chef d’accusation concernant les sommes avancées par Rachel. Mais cet épisode révèle déjà la fragilité de son personnage : dès qu’il faut payer, la fortune devient soudain inaccessible.
Pour comprendre comment une telle situation a pu se produire, il faut revenir à la promesse qui a ouvert à Anna les portes de New York...
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations. - En 1831, Victor Hugo publie l'un de ses romans les plus célèbres : Notre-Dame de Paris. On y découvre les aventures tragiques d'Esmeralda, de Quasimodo, le sonneur de cloches, et de Claude Frollo, l'archidiacre de la cathédrale.
Mais derrière cette histoire d'amour, de jalousie et de drame se cache un objectif beaucoup moins connu : Victor Hugo voulait sauver Notre-Dame de Paris de la destruction.
Pour comprendre, il faut revenir au début du XIXe siècle.
À cette époque, la célèbre cathédrale parisienne est dans un état lamentable. Construite à partir du XIIe siècle, elle a subi les outrages du temps, mais surtout ceux des hommes.
Pendant la Révolution française, de nombreuses statues ont été détruites, notamment celles des rois de Juda, situées sur la façade, que les révolutionnaires avaient prises pour des représentations des rois de France.
D'autres éléments architecturaux ont été mutilés, des vitraux endommagés, et l'entretien du bâtiment a longtemps été négligé.
Plus étonnant encore, au début du XIXe siècle, l'architecture gothique est largement méprisée. On la considère souvent comme démodée, voire disgracieuse. Certains envisagent même de démolir la cathédrale.
Victor Hugo, lui, est profondément révolté.
Passionné par le Moyen Âge, il considère Notre-Dame comme un chef-d'œuvre architectural et un témoignage irremplaçable de l'histoire française.
Il décide donc d'utiliser une arme particulièrement puissante : la littérature.
En faisant de la cathédrale le personnage central de son roman, il cherche à susciter l'admiration et l'attachement du public.
D'ailleurs, les descriptions extrêmement détaillées de Notre-Dame ne sont pas de simples digressions littéraires. Elles constituent un véritable plaidoyer pour sa sauvegarde.
Hugo dénonce notamment les architectes qui ont défiguré les monuments anciens en prétendant les moderniser.
Son message est simple : ces bâtiments appartiennent à l'histoire collective et doivent être préservés.
Et sa stratégie fonctionne !
Le roman rencontre un immense succès et contribue à transformer le regard des Français sur l'architecture gothique.
En 1844, les architectes Jean-Baptiste Lassus et Eugène Viollet-le-Duc sont chargés d'une vaste restauration de Notre-Dame. Les travaux commencent l'année suivante.
C'est notamment à cette occasion que Viollet-le-Duc reconstruira la célèbre flèche disparue à la fin du XVIIIe siècle.
Ainsi, bien avant l'incendie de 2019, Notre-Dame avait déjà été menacée.
Et cette fois, ce n'est pas seulement grâce à des architectes qu'elle a été sauvée, mais aussi grâce à un écrivain et à la puissance d'un roman.
Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
More Education podcasts
Trending Education podcasts
About Choses à Savoir - Culture générale
Développez votre culture générale. Hébergé par Acast. Visitez acast.com/privacy pour plus d'informations.
Podcast websiteListen to Choses à Savoir - Culture générale, Know Thyself and many other podcasts from around the world with the radio.net app

Get the free radio.net app
- Stations and podcasts to bookmark
- Stream via Wi-Fi or Bluetooth
- Supports Carplay & Android Auto
- Many other app features
Get the free radio.net app
- Stations and podcasts to bookmark
- Stream via Wi-Fi or Bluetooth
- Supports Carplay & Android Auto
- Many other app features


Choses à Savoir - Culture générale
Scan code,
download the app,
start listening.
download the app,
start listening.
Choses à Savoir - Culture générale: Podcasts in Family






















