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Revue de presse des hebdomadaires français

Revue de presse des hebdomadaires français
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  • Revue de presse des hebdomadaires français

    À la Une: l'ancien ministre Jack Lang démissionne sous la pression

    08/02/2026
    Hier, en fin de journée, raconte Le Parisien dimanche, « Jack Lang a fini par démissionner » de la présidence de l’Institut du monde arabe, prestigieuse institution qu’il dirigeait depuis 2013. « L’issue était inéluctable », dit un proche du ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui avait convoqué Jack Lang, ce dimanche. L’ancien ministre a donc pris les devants. « Cité à 673 reprises dans les dossiers Epstein, rappelle La Tribune Dimanche, Jack Lang est sommé de s’expliquer. (…) À 86 ans, l’icône des années Mitterrand plaide la naïveté. Mais peut-on plaider l’innocence quand on qualifie Epstein "d’homme charmant", "passionné par l’art et culture" ? », interroge le journal, qui analyse ainsi la situation sur le plan international : « À mesure que se dévoilent peu à peu les millions de mails issus de la correspondance du pédocriminel américain, le scandale change de nature : d’une affaire judiciaire, il devient un révélateur politique mondial. » « Depuis une semaine, la planète tremble. »
    À lire aussiFrance : englué dans l'affaire Epstein, Jack Lang «propose» sa démission de l'Institut du monde arabe
    La CIA et la Maison Blanche
    L'Express a enquêté sur la CIA, sous « le règne » de Donald Trump... « Les espions de Trump inquiètent l’Europe », nous dit l’hebdomadaire, qui pose la question : « Alliés ou ennemis ? Habitués à évoluer sous perfusion de la puissante agence de renseignement américaine, les agents secrets du Vieux Continent tentent de sortir du piège tendu par le locataire de la Maison Blanche. »
    L’Express explique « avoir interrogé une quarantaine de dirigeants ou cadres des services secrets de nombreux pays d’Europe et des États-Unis : un même constat émerge, nourri d’une année de glissement, du discours hostile du vice-président américain J. D. Vance le 14 février 2025 à Munich, aux menaces de moins en moins voilées de Donald Trump d’envahir le territoire danois du Groenland : les Européens doivent apprendre à se passer du concours de la CIA. Et envisager désormais l’allié de toujours comme un rival, voire un ennemi potentiel ».
    « À la CIA, explique l’ex-officier Mark Bent, « on travaille non pas pour l’administration ni pour le gouvernement, mais pour la Maison Blanche. » Un « ancien haut responsable de l’espionnage français », interrogé sur l’enlèvement de Nicolas Maduro au Venezuela, lors d’une opération éclair, le mois dernier, renchérit : « D’ordinaire, les services de renseignement sont là pour informer et influencer les décisions politiques sur le long terme. Donald Trump les utilise en businessman : il fait des coups. »
    « Une opposition inédite »
    M consacre un long article aux familles des ex-otages israéliens. Le supplément du Monde évoque « l’amère victoire des familles d’otages face au pouvoir ». « Pendant huit cent quarante-trois jours, ces familles se sont employées à convaincre le gouvernement de Netanyahu de préférer la voie de la négociation avec le Hamas, plutôt que celle des bombardements meurtriers à Gaza, mettant en péril la vie des captifs. Jusqu’à incarner une opposition inédite en Israël  », explique M. 
    « En septembre 2025 », rappelle le supplément du Monde, « le Forum des familles d’otages tente le tout pour le tout. Lors des rassemblements hebdomadaires, il multiplie les adresses directes à Donald Trump, le seul à même de faire plier Netanyahu ». En octobre, « les 20 otages encore en vie sont libérés et 27 des 28 dernières dépouilles rendues ». M a interrogé Ksenia Veltlova, chercheuse pour le groupe de réflexion britannique Chatham House : elle parle « de la plus grande campagne jamais menée par la société civile en Israël, qui a sans doute permis de mobiliser une grande partie de la population ».
    Humour latino
    Courrier International nous fait découvrir Marcello Hernandez, « un comédien de 28 ans, d’origine cubaine et dominicaine ». « C’est le fils d’immigrés latinos qui fait rire les Américains », explique Courrier international (…) « C’est le jeune prodige de l’humour le plus en vue en ce moment aux États-Unis, fils d’une mère cubaine et d’un père dominicain, il est la nouvelle coqueluche de l’émission culte Saturday Night Live, (…) il présente un personnage particulièrement intéressant, à l’heure où les diasporas latino-américaines sont ciblées par les violentes politiques de l’administration Trump. »
    « Marcello Hernandez réhumanise les immigrés latino-américains, poursuit Courrier international, en racontant des anecdotes de son enfance avec un personnage de "fils à maman", lui qui a grandi avec une mère célibataire à Miami, où habite une forte diaspora cubaine et latino-américaine. » Une journaliste portoricaine du site The Latino Newsletter fait part de son enthousiasme, dans le contexte actuel. « Je me suis reconnue dans son humour et surtout dans ce qu’il dit sur la condition de Latino sous Trump, à l’ère Maga (Make America Great Again), explique-t-elle, alors que nous sommes assiégés en permanence par la xénophobie et le racisme. Le pire, le plus violent, étant de ne pas comprendre ce qui nous vaut tant de haine ».
  • Revue de presse des hebdomadaires français

    À la Une: chape de plomb sur la répression des manifestations en Iran

    01/02/2026
    Le régime des mollahs tente de faire peser une chape de plomb sur la population, après les massacres des 8 et 9 janvier. L’Express a toutefois demandé à un journaliste iranien (que protège l’anonymat) d’enquêter sur place. Mais les témoignages sont difficiles à recueillir car, nous dit-il, « des miliciens vêtus de noir et masqués, sillonnent les rues iraniennes, à moto ou en pick-up, à la manière des terroristes de Daech et du Hamas (…) ils confisquent les téléphones des passants et les fouillent, à la recherche de participations aux manifestations des 8 et 9 janvier derniers ».
    « Ces actes », estime l’Express, « témoignent des efforts du gouvernement iranien pour détruire les preuves et dissimuler les conséquences d’un massacre dont on peine encore à mesurer l’ampleur… ». Détail glaçant : le régime a d’abord réclamé aux familles des victimes de payer des sommes parfois exorbitantes pour récupérer les corps de leurs proches. Avant de faire marche arrière, et « de donner l'ordre d'enterrer toutes les victimes ». Réalisant que les images montrant des dizaines de corps entassés dans une morgue, étaient contre-productives. « Le gouvernement, explique l’Express, veut étouffer l’affaire au plus vite... ».
    « Extrême brutalité »
    Aux États-Unis, la ville de Minneapolis est traumatisée par Donald Trump. « Après la mort de Renee Good et d’Alex Pretti, citoyens américains abattus par des agents anti-immigration, les États-Unis sont saisis d’effroi, nous dit le Nouvel Obs qui s’interroge : « Jusqu’où cela peut-il dégénérer ? » L’hebdomadaire a interrogé l’historienne Sylvie Laurent, qui pose un préalable : « Avant la répression des simples citoyens qui s’interposent, il faut souligner l’extrême brutalité vis-à-vis des immigrés et la volonté d’en faire un spectacle de la domination. Ce racisme d’État joue le rôle de ciment toxique fondamental pour maintenir la base et l’union des extrêmes droites ».
    « Jusqu’à présent, remarque l’historienne, jamais un Américain blanc de la classe moyenne n’aurait imaginé être soumis à l’arbitraire (…) La mort de Renee Good a changé cela, la figure de la mère de famille blanche de banlieue occupe une place centrale dans l’imaginaire américain (…) elle aurait pu être la sœur ou la nièce de n’importe lequel des 97% d’américains qui ont vu la vidéo de son exécution. Ce qu’ils comprennent, avec cette mise à mort, c’est que toute personne supposée de gauche peut être considérée comme coupable de "terrorisme domestique" et châtiée sommairement ». Conclusion de Sylvie Laurent : « Ce n’est pas "juste" une dérive autoritaire, c’est la tentative de mettre en place un régime néofasciste à l’américaine ».
    « Nous nous sommes sacrifiés »
    Le Point fait sa Une sur « la trahison de l’Occident ». vis-à-vis des Kurdes. « Ils étaient notre rempart contre Daech. Et maintenant ? » interroge le Point qui s’est rendu en Syrie, pour rencontrer ces Kurdes, « sous la menace des forces de Damas, ils doivent renoncer à leur ambition. La fin d’une utopie multiethnique, féministe et laïque », ajoute l’hebdomadaire.
    Le Point a rencontré une mère de famille qui a perdu son fils, Bassam, « tué en 2017, à l’âge de vingt ans ». Elle se désole : « Des membres de Daech sont venus de tous les pays occidentaux, et nous les avons combattus. Nous nous sommes sacrifiés. Et maintenant, vos pays tiennent la main de nos adversaires pour massacrer nos enfants ». « Nos adversaires », autrement dit le nouveau régime syrien de l’ex-jihadiste Ahmed al-Charaa, que l’on voit en photo à la Maison Blanche, où il a été reçu en novembre dernier par Donald Trump. Tout un symbole. 
    Esclaves de nos portables
    « L'enfer du scrolling », c’est le titre choisi par le Nouvel Obs, pour nous mettre en garde contre cette habitude qui consiste à faire défiler compulsivement sur nos smartphones, des articles, des images ou des vidéos. « Le front baissé, l’esprit absorbé, le corps entièrement mobilisé par le mouvement du pouce qui propulse l’écran vers le haut. Cela peut durer cinq minutes ou une heure… » constate l’hebdomadaire. Le Nouvel Obs a interrogé, une jeune femme de trente ans, accro aux réseaux sociaux, qui a une époque, passait 8 heures sur son smartphone. Avant de rapporter « ces huit heures à son espérance de vie théorique ». « J’ai compris, raconte-t-elle, qu’à ce rythme, je risquais de perdre quinze à vingt années de vie ».
    Le Nouvel Obs s’inquiète : « On ne voit pas bien quelle autre innovation, depuis l’horlogerie, a eu un effet aussi massif sur notre rapport au temps. Mais contrairement à une montre au poignet, le scrolling ne scande pas le temps, il l’absorbe. Nous commençons à nous en rendre compte, et c’est en passe de devenir un problème civilisationnel ». L’hebdomadaire nous donne quelques petites astuces, comme « prévoir des moments sans écran », « sortir sans son portable ». Mais on se doute bien qu'il en faudra beaucoup plus pour vaincre le scrolling...
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    À la Une: la police de l'immigration américaine «poule aux oeufs d'or»

    25/01/2026
    À l’heure où l’ICE multiplie les violences, avec encore il y a quelques heures, la mort d’un homme de 37 ans, abattu à Minneapolis, l’Express publie une enquête sur cette police de l’immigration, « machine à expulser et poule aux œufs d’or du clan Trump ». « Derrière les dérives du Service fédéral de l’immigration, explique l’hebdomadaire, un business à plusieurs milliards de dollars dont profite à plein les amis du président » .
    Exemple : « Les sociétés de traitement de données mandatées pour repérer les cibles de l’administration. La multinationale Palantir, cofondée par le milliardaire et ami du président Peter Thiel (…) a décroché au printemps un contrat à 30 millions de dollars pour mettre sur pied la plateforme ImmigrationOS permettant de traquer les migrants presqu’en temps réel ».  Et ce n’est pas tout : « La gestion des prisons pour migrants, est assurée par GéoGroup et CoreCivic, deux sociétés qui ont contribué au financement de la campagne de Donald Trump ». Quant aux bavures qui se multiplient, le Nouvel Obs avance une explication : « les quotas fixés par la Maison-Blanche. Les agents fédéraux sont tenus d’arrêter 3000 personnes par jour ».   
    Vivre malgré la guerre
    Le magazine l'Elephant publie un témoignage sur la vie en Ukraine pendant la guerre, témoignage  de la journaliste Maurine Mercier, correspondante permanente à Kiev depuis 2022, qui publie pour la Radio-télévision suisse, la RTS, un podcast intitulé « Carnet d’Ukraine », sur la vie en Ukraine car, dit-elle, « si on ne raconte que le tragique, on ne rend pas justice à la réalité (…) Montrer qu’il reste de la vie, c’est donner une image plus conforme, et aussi une forme d’espoir ».  
    Maurine Mercier explique ainsi, que malgré l’incertitude et l’angoisse, « les gens continuent de tomber amoureux, de faire des enfants ». Pourtant, « alors qu’une grande partie des hommes est au front,  la possibilité de fonder une famille est entravée par la séparation. Certains couples vont jusqu’à recourir à l’insémination artificielle, pour pouvoir avoir un enfant, malgré la distance ». « Alors que la Russie cherche à effacer la population ukrainienne, remarque Maurine Mercier, répondre par la naissance est une manière de résister par la vie ».
    « Un pilote avec zéro heure de vol »
    En France, un an avant l’élection présidentielle de 2027, le Nouvel Obs s'intéresse à Jordan Bardella, qui serait le candidat du Rassemblement national, si Marine Le Pen était condamnée par la justice, ce qui l'empêcherait de se présenter...   A la Une de l'hebdomadaire :  un gros plan très serré sur Jordan Bardella, le président du RN, dont on ne voit qu’une partie du visage, sous les pixels. « Bardella, une intelligence artificielle ? » interroge l’hebdomadaire, selon lequel « la comparaison fait sens tant le fringant démagogue qui domine pour l’heure les sondages présidentiels s’emploie à produire un discours préfabriqué et à projeter une image de synthèse ». « Le plus souvent, assène encore le Nouvel Obs, sa maîtrise des nouveaux modes de communication masque son inexpérience, ses lacunes et son absence de vision ».
    « Un pilote avec zéro heure de vol », a récemment estimé l’ancien premier ministre Dominique de Villepin. Seulement voilà, la figure montante de l’extrême droite a des soutiens de poids, particulièrement celui du groupe du milliardaire Vincent Bolloré, qui compte la chaîne CNews, la radio Europe 1 ou encore le Journal du Dimanche. Le JDD qui aujourd’hui même publie une tribune de Jordan Bardella, intitulée « La France face à son destin : la puissance ou le déclin ». « Face au retour du rapport de force mondial, le président du RN appelle la France à rompre avec la naïveté qui a guidé son action ces dernières années », commente le Journal du Dimanche, soucieux sans doute de promouvoir l’image de Jordan Bardella sur les questions internationales.
    Bruno Retailleau candidat
    Le Point s’intéresse à un autre candidat potentiel à l’élection présidentielle. Bruno Retailleau, 65 ans, président des Républicains, et ancien ministre de l'Intérieur, s’est décidé, nous dit l'hebdomadaire : « C’est avec ses proches qu’il a mûri durant les fêtes sa décision de candidater à l'Élysée, pour la première fois de sa vie politique. La question n’est donc plus de savoir s’il osera se lancer, mais quand et comment il déclarera sa flamme aux Français ».
    Toutefois, ses chances semblent limitées : « Nul à droite ne l’imagine s’installer dans moins de 500 jours dans le fauteuil de Jupiter », explique Le Point, « avec 8 à 13 % d’intentions de vote pour le premier tour de la présidentielle, il fait partie des outsiders de la compétition ». L’hebdomadaire va même plus loin… « Si l’on osait un pronostic,  on dirait qu’il vibre davantage à l’idée d’occuper un jour Matignon, Bercy ou de retrouver Beauvau, que de s’installer dans les appartements privés de l’Elysée.» Le Point préfère toutefois rester prudent et pose cette question : « Qui sait ce qu'il adviendra d'ici au scrutin de 2027 ? »
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    À la Une: l'impitoyable répression de la révolte en Iran

    18/01/2026
    L’Iran fait la Une de la plupart des hebdomadaires. « Iran, le soulèvement d’un peuple », titre le Nouvel Obs, qui ajoute : « La dictature des mollahs est dans l’impasse (…) La République islamique a lancé des représailles d’autant plus sanguinaires que, très affaiblie par la crise économique et les conséquences du 7 octobre, elle est au bord du précipice ». « La liberté ou la mort », clame de son côté le Point, qui salue « l’héroïsme des Iraniens contre les mollahs ». Quant à l’Express, il titre : « Le peuple contre les islamistes », avec en filigrane un turban blanc qui s’enflamme. « L’avenir du guide suprême ne tient qu’à un fil », précise l’hebdomadaire. « Même si la brutale répression réduit les chances d’une chute immédiate du pouvoir, l’hypothèse d’un basculement prochain de la République islamique demeure entière. »
    Marianne, de son côté, s’interroge : « Iran, la fin des mollahs ? »  Et juge « qu’en tuant des milliers de manifestants, la théocratie islamique a fait le choix de la terreur comme ultime mode de survie ». Ce que ne dément pas la Tribune Dimanche selon laquelle, « dans leur répression sanglante, les forces de l’ordre visent les yeux des manifestants ». « Des centaines d'Iraniens ont perdu un œil depuis le début des protestations ». « Cibler les yeux, c’est cibler les témoins, la conscience et la mémoire collective », explique une activiste iranienne.
    Témoignages d'Iraniens
    Le Parisien Dimanche a interrogé Kian Habibian, co-fondateur de l’association We are Iranian Students, selon lequel, « face à l’ampleur du mouvement, le gouvernement a payé des forces étrangères, notamment des milices irakiennes ». « Beaucoup de témoins disent qu’ils avaient face à eux des hommes qui ne parlaient pas persan mais arabe et qu’ils tiraient dans le tas. Cette absence de lien avec la population expliquerait en partie la sévérité de la répression », commente le Parisien Dimanche.
    Courrier international, de son côté, publie la lettre qu’un habitant de Téhéran (qui a préféré rester anonyme) a adressée au média d’opposition Iran International. Dans cette lettre, il explique « que les massacres sont sans précédent. Je sais que l’expression est galvaudée, alors je vais m’expliquer. Parmi les personnes que l’on croise, à qui l’on parle, toutes ou presque connaissent une victime. J’en connais personnellement cinq. L'une est morte, deux sont blessées, et on est sans nouvelles des deux autres depuis trois jours. »
    Cet habitant de Téhéran fait aussi part de sa rancœur vis-à-vis des exilés : « À qui est le sang qui coule ? » demande-t-il. « Comment pouvez-vous appeler les gens à risquer leur vie sans avoir ne serait-ce qu’une ébauche de plan pour réagir une fois l’appareil de répression enclenché ? Je suis en colère (ajoute-t-il) contre les combattants par procuration, bien à l’abri hors d’Iran et devant leur clavier ».
    Le régime des mollahs en danger
    Dans la perspective d'une chute du régime, un nom revient très souvent. « Reza Pahlavi, le recours », titre Le Point, selon lequel « l’appel du fils du dernier chah d’Iran a été entendu par une partie de la population qui voit en lui l’incarnation d’une transition démocratique ». Dans l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, la spécialiste de l’Iran, Amélie Chelly, met toutefois un bémol à cet enthousiasme. « Ce n’est pas parce que l’on crie des slogans pro-Pahlavi que l’on appelle à ce qu’il arrive au pouvoir. Les Iraniens fonctionnent plus par symboles que les Occidentaux. Pour eux, le dernier Pahlavi est le défroqueur de mollahs. 'Vive Pahlavi' signifie d’abord  'mort aux aux religieux' ».
    Le Nouvel Obs, lui non plus, ne cache pas ses réserves et parle d’un « encombrant héritier » : « Néoconservateur et premier soutien de Donald Trump et de Benyamin Netanyahou, il surfe en réalité sur la vague montante de la droite ultra dans le monde ». Interrogée, l’opposante iranienne Mahtab Ghorbani, réfugiée politique en France, explique que « soixante-dix pour cent des Iraniens sont nés après la révolution islamique et n’ont rien connu d’autre (…) Beaucoup ignorent que les Pahlavi ne soutiennent pas la démocratie. » 
    L’inconnue Donald Trump 
    « Avec l’imprévisible président des Etats-Unis, une intervention militaire américaine, un temps attendue en milieu de semaine, n’est toujours pas exclue », estime le Parisien Dimanche. Le Journal du Dimanche est également dans l’expectative : « Entre démonstration de force et retenue calculée, Donald Trump n’a pas encore choisi de frapper le régime des mollahs », constate le journal, qui ajoute toutefois : « C'est une constante chez les Américains de vouloir provoquer la chute des tyrans, sans se demander de quoi demain sera fait (…) La liberté n'est pas gratuite», disait Georges Bush en Irak. Encore faut-il justement qu'elle trouve un cadre pour s'établir. « Or, on l'a encore vu avec le Venezuela, au grand dam de l'opposition, seul le pétrole trouve grâce aux yeux de Trump», conclut le Journal du Dimanche.
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    À la Une: Donald Trump, «l’épouvantail» qui fait peur au monde

    11/01/2026
    Le président américain est à la Une cette semaine d’une bonne partie des hebdomadaires français, inquiets, agacés, qui ne ménagent pas leur indignation à son égard et le traitent de « voleur », « prédateur » ou encore de « hors-la-loi » comme le titre le Nouvel Obs.  L’Express le représente de dos, avec une cartouchière en bandoulière, sa cravate rouge nouée autour de la tête et interroge la suite avec ce titre : « Après le Venezuela, ce que prépare Donald Trump ». C’est peu dire que les hebdomadaires sont encore sous le coup de l’intervention américaine.
    Le Nouvel Obs décerne à Donald Trump « le Prix Nobel de la brutalité ». « Le plus sidérant », remarque toutefois l’hebdomadaire, « n’est peut-être pas ce que les soldats de Trump ont fait : les États-Unis ne se sont jamais beaucoup gênés dans leur histoire, ni pour se débarrasser de certains leaders politiques, ni pour s’attaquer à des pays étrangers, ni même pour les laisser en proie au chaos après les avoir décapités ». Non, ce qui choque vraiment le Nouvel Obs, c’est « le discours » qui a accompagné l’intervention américaine. « Un discours de brute autosatisfaite, de prédateur ivre de sa puissance. Un discours répétitif et simpliste, qui ne faisait même pas semblant d’avoir raison », estime l’hebdomadaire.
    La loi du plus fort
    L’Express évoque la « diplomatie de la canonnière » : « En organisant l’enlèvement du président vénézuélien Nicolas Maduro à Caracas, le locataire de la Maison-Blanche acte l’avènement de la loi du plus fort », nous dit l’Express qui s’inquiète : « Désormais tout est possible ». Et pas question de prendre Donald Trump pour un guignol : « Ceux qui continuent à ne voir en lui qu’un clown erratique font une erreur d’analyse », ajoute l’Express, « le président américain a beau ne pas être à un revirement prêt, il sait où il va ».
    Ce que ne démentira pas le Point. Il juge en effet que « le Venezuela est devenu le laboratoire à très haut risque du nouvel impérialisme américain, qui revendique à l’égal de la Chine et de la Russie, la logique de puissance et le primat de la force sur le droit ». Enfin, Marianne évoque « un gendarme devenu voleur. La Chine et la Russie se frottent les mains (…) L’absence de droit international, l’ingérence sans surmoi, leur va comme un gant », juge l’hebdomadaire qui s’indigne : « L’absence revendiquée de toute référence aux valeurs du monde libre a de quoi frapper. Même pour envahir l’Irak en 2003 et s’emparer de son pétrole, Dick Cheney et Georges W. Bush, avaient brandi la "démocratie", imposée à coups de missiles Tomahawks ».
    Groenland, Cuba, Mexique, Colombie...
    Huit jours après l’intervention américaine, une question est sur toutes les lèvres : À qui le tour ? C’est la question posée en Une par le Point, qui a son avis sur le sujet : « Groenland, le coup d’après », titre l’hebdomadaire. Il est vrai que Donald Trump a parlé « d’une suite » « dans les deux mois », assurant que les États-Unis « avaient besoin du Groenland ». Le Point peine pourtant à y croire : « Une telle annexion serait un bouleversement sans précédent de l’ordre international : une mainmise pure et simple entre alliés de l’Otan ! Du jamais vu et pour cause… les États-Unis sont censés protéger le Danemark et non s’arroger l’un de ses territoires ».
    Pour l’Express, ce serait ni plus ni moins « le scénario du pire, une prise de contrôle de l’île danoise par les États-Unis, serait dévastatrice pour la relation transatlantique ». « À qui le tour ? » se demande également l’Express, qui non sans humour surnomme Donald Trump le « nouveau pirate des Caraïbes » et qui pense à Cuba : « le régime communiste qui soutenait activement le Venezuela en échange de pétrole bon marché a de quoi s’inquiéter ». L’Express cite également le Mexique et la Colombie, « acteurs du narcotrafic qui obsède Trump ». Le Nouvel Obs ajoute le Canada et rappelle que « depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump a menacé à plusieurs reprises de faire de son voisin du nord du continent « le 51ème État des États-Unis (…) Il est le caïd et le continent sa cour de récréation (…) lui qui se vantait d’être le pacificateur de la planète est devenu son prédateur en chef », conclut le Nouvel Obs.
    Le prochain sur la liste ? 
    L’Iran est également dans le collimateur de Donald Trump. Le président américain l’a dit à plusieurs reprises : « si le régime touche aux manifestants, les États-Unis interviendront », rappelle Marianne, qui prend la menace au sérieux. Objectif du président américain, poursuit l'hebdomadaire : « Empêcher Téhéran d’accéder à l’arme nucléaire ». Mais « le nucléaire n’est pas le seul enjeu » estime Marianne. « L’Iran, comme le Venezuela, possède d’immenses réserves de pétrole et de gaz ». Le Point juge toutefois que « Donald Trump aurait bien d’avantage intérêt à attendre de voir si le régime s’effondre de lui-même qu’à se risquer à enlever l’ayatollah Khamenei, d’ajouter le chaos au désordre et à se retrouver dans une situation à l’irakienne… » Mais rien ne dit bien sûr que « l'épouvantail » américain suive ce conseil...

About Revue de presse des hebdomadaires français

Les opinions, les points de vue et les avis souvent divergents des éditorialistes et des commentateurs sur l'actualité française et internationale dans les hebdomadaires français. Une revue de presse présentée chaque dimanche par Catherine Potet.
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Generated: 2/8/2026 - 1:43:57 PM